Martine Feipel & Jean Bechameil : Le Cercle Fermé
04.06-27.11.2011
Biennale 2013
La biennale di Venezia
 

Le Cercle Fermé

Exposition

04.06-27.11.2011

Adresse

Ca’ del Duca
Corte del Duca Sforza
San Marco 3052, Venise

Commissaire

Ministère de la Culture, Luxembourg

Organisateur

Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain

Curateur

René Kockelkorn

Artistes

Martine Feipel et Jean Bechameil

Soutiens

Fondation Indépendance
Focuna - Fonds culturel national
Sedlo Jimenez Law Firm Luxembourg
Hoffmann Frères
Peintures Robin S.A

Quiconque s’intéresse aux travaux de Martine Feipel & Jean Beachmeil s’aperçoit vite que la notion d’espace y est centrale. Il en va ainsi dans l’œuvre présentée pour la Biennale de Venise 2011. À l’observer, une pensée s’impose : la nécessité manifeste de trouver un nouveau type d’espace.

À l’origine de leur travail, il y a cette prise de conscience que la perception sensorielle a des limites physiologiques – et que notre conception de l’espace est historiquement datée. Dès lors, il s’agit, dans la lignée de la philosophie de Jacques Derrida, d’essayer de dépasser la limite d’un lieu pour en chercher une nouvelle. Cela revient à réfléchir sur le sens de la limite, sur le sens de l’espace, qui, de manière prépondérante, est le fruit de la tradition. L’important n’est pas de sortir, de transgresser la loi en franchissant la limite, mais d’« ouvrir » un espace au cœur même de l’ancien espace. Cette ouverture ne crée pas d’espace nouveau à occuper, mais une sorte de poche dissimulée à l’intérieur de l’ancien sens de la limite. Il s’agit d’une ouverture de l’espace selon le principe du décalage. Or, ce décalage intérieur et cette recréation de l’espace impliquent toujours la destruction d’une institution.Le sens du mot « espace » s’en trouve profondément bouleversé. En ceci, nos deux artistes sont au cœur de l’actualité. Car l’aménagement de l’espace est en crise. Cet espace que nous concevons comme espace de vie est tout à la fois espace d’action, d’orientation et de communication. L’évolution des sciences et des technologies, l’érosion des visions du monde et des systèmes de valeur traditionnels, la crise structurelle de l’économie et l’exacerbation de la problématique logique remettent en question une conception traditionnelle de l’espace et de l’aménagement qui ne pense que par domaines de compétence et est obnubilée par les contraintes de croissance et de valorisation. Nous vivons une période de mutation où les modèles d’orientation et d’action du passé ne fonctionnent plus.

Certes, la situation paraît encore ouverte, mais nous manquons de concepts d’action capables de répondre à la crise écologique et civilisationnelle que nous vivons sans mettre en danger la démocratie, les droits de l’homme et les fondements physiques de la vie. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute qu’il est plus urgent que jamais de considérer toute réflexion sur la question de l’espace comme une œuvre de civilisation, comme un remodelage de la civilisation. Modifier le quotidien, remodeler totalement notre monde, c’est cela dont il s’agit.

L’œuvre comprend plusieurs niveaux de lecture, qui touchent aussi bien à la philosophie qu’à l’histoire de l’art ou à la société.